La hanche du trailer (3/3) : la résolution
Le psoas était le bon diagnostic musculaire. Pour une solution durable, il fallait aller au-delà du muscle.
Par Dr François Dasque
Chers confrères, chères consœurs,
Merci à celles et ceux d'entre vous qui ont proposé leurs hypothèses en répondant à la lettre.
Si vous avez pensé au muscle psoas-iliaque, vous aviez raison : c'était bien, d'abord, un diagnostic musculaire, puisque le psoas est le support principal de la douleur de Christophe. Mais pour une solution durable, le raisonnement doit aller au-delà du muscle.
Après la manipulation, Christophe a connu, pour la première fois en trois ans, une amélioration de plusieurs jours, avant que la douleur ne revienne au deuxième entraînement. Nous l'avons revu avec de nouvelles radiographies, qui en montraient déjà beaucoup : une ostéophytose marginale des plateaux, témoin de discopathies sous-jacentes, et un aspect de vertèbre limbique en L4, peut-être une maladie de Scheuermann fruste.
L'échec de la thérapie manuelle n'enlevait rien au diagnostic de syndrome métamérique L3 (et, à moindre degré, L2). La manipulation n'avait simplement pas suffi. En accord avec le patient, nous avons proposé une infiltration articulaire postérieure L2-L3 et L3-L4 droite, pour confirmer le diagnostic d'étage et, si possible, apporter une solution durable.
Le résultat, à plusieurs mois du geste, semble nous donner raison. Nous avons enfin prescrit à Christophe un travail musculaire régulier, gainage et étirements, notamment du psoas, pour limiter les réactions inflammatoires des articulaires postérieures et leurs conséquences en périphérie : les contractures récidivantes du psoas.
La leçon : s'en tenir au lésionnel, articulaire ou musculaire, ne suffit pas toujours à résoudre la douleur de nos patients. Il nous manque, à nous médecins, l'approche fonctionnelle. C'est ce que nous apporte l'ostéopathie médicale, dont le support neuro-anatomique est le métamère. La précision du diagnostic prime ; le moyen thérapeutique peut varier.
C'était bien une douleur à la hanche, et non une douleur de la hanche.
Mardi prochain, un nouveau cas : le genou d'une sportive de 30 ans, cinq ans d'examens normaux.
Bien confraternellement,
Dr François Dasque
Président de l'AMOPY
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